TINTIN A EUROPALIA INDIA
Jusqu’en mars (date précise non déterminée) et non jusqu’au 26 janvier, comme annoncé, au « Musée Hergé » de Louvain-la-Neuve, nous pouvons revivre « Les Aventures de Tintin en Extrême-Orient » (titre initial) dont « Le petit Vingtième » entama la publication hebdomadaire le 1er décembre 1932. A peine arrivés à l’intérieur de cette sympathique exposition, que nous sommes pris dans l’ambiance hyper bruyante des rues des grandes villes indiennes. Pour peu, l’on se croirait réellement à Bombay, Calcuta ou Delhi, d’autant qu’une des vidéos présentées nous emmène en plein trafic indien. Décibels garantis!
Bien sûr, nous pouvons admirer, outre la fameuse « carte de l’Orient » (bien vivante, avec ses personnages, animaux, monuments caractéristiques des pays représentés), de très nombreuses planches originales et crayonnés dessinés par Georges Remy (« Hergé »), issus des différents albums dans lesquels il emmène son héros en Inde (« Les Cigares du Pharaon », « Le Lotus bleu »), notamment à Rawhajpoutalah (lieu imaginaire) où il rencontre le Maharadjah, comme le prouve l’illustration ci-dessous, reproduite en format XXL sur l’un des murs de l’exposition, tout comme le sont, en fin de parcours, des cases de « Tintin au Tibet ».
A noter, une petite salle rendant hommage à une pièce de théâtre, jouée au « Théâtre des Galeries », avec un tel succès que des représentations supplémentaires furent programmées. Nous étions en 1941, avec une pièce écrite avec la collaboration de Jacques Van Melkebeke, intitulée « Tintin aux Indes ou le Mystère du Diamant bleu », un imposant diamant (de théâtre, bien sûr) que nous retrouvons dans une des vitrines, avec programme et affiche de l’époque, le texte complet de cette pièce pouvant être lu en fin de parcours. A noter que le rôle de « Tintin » était tenu par une jeune-fille, un comble lorsque l’on sait qu’Hergé ne dessinait que bien peu de femmes… Amusant, également, les paroles bien naïves de la chanson interprétée sur scène : « Quand on voit « Tintin », « Milou » n’est pas loin, … Qui est-ce qui n’a peur de rien, mais de rien, c’est « Tintin » … »! De même, si « Hergé » aurait aimé que Walt Disney s’intéresse à « Tintin », notons que l’un des « Dupont(d) » se prénommait « Mickey »! Véridique!
Dans cette même salle, nous trouvons une boîte avec d’anciens films fixes en noir-et-blanc, certains d’entre eux étant projetés, les images défilant de haut en bas. D’un principe semblable, mais en couleurs et en grands formats, cette fois, nous voyons un rouleau d’images peintes, tels que ceux réellement utilisés, encore de nos jours, par des conteurs indiens se rendant de villages en villages, afin de recevoir un bol de riz et/ou quelques roupies. Une vidéo nous permet de mieux comprendre comment ils réalisent et utilisent ses rouleaux illustrant leurs contes.
Dans la salle principale, nous retrouvons d’autres aspects de la vie actuelle en Inde, découvrant ses danseuses et musiciens, projetés sur grand écran. Quel repos pour nos oreilles de nous être éloignés des bruits propres au trafic urbain, appréciant désormais les sons si agréables de leur musique traditionnelle.
Sous cet écran, nous trouvons les fiches réalisées par Hergé, afin qu’il puisse dessiner l’Inde avec le plus de réalisme possible, ne s’étant jamais rendu au pays des Maharadjah. Sur ces fiches, il collait articles et photographies découpés dans des journaux et magazines. Ainsi, grâce à sa documentation, il peut reproduire, fidèlement, le minaret musulman « Qutub Minar » et le « Fort Rouge », que « Tintin » et »Haddock » découvrirent lors de leur escale à New Delhi, avant leur envol pour le Tibet (« Tintin au Tibet », 1959).
Sur l’écran d’un petit pc, un documentaire nous montre un village et ses arbres, aux portes du désert. Il y a bien longtemps, à l’image de ce qui s’est passé récemment près du site bruxellois de « Tour et Taxis », les habitants s’étaient opposés à l’abattage des arbres voulu par leur Maharadjah, bien moins symppathique que celui qui fut dessiné par Hergé. De fait, si à Bruxelles, la demande des riverains fut entendue, dans ce vilage indien, le Maharadjah fit exécuté tous ceux qui s’étaient enlacés autour d’un arbre, faisant environ 350 victimes!!! …
Entre autres originalités, l’attrayante scénographie nous offre, comme dans nos cafés-brasseries où nous pouvons lire le journal attaché à un bout de bois, de nombreux textes illustrés plastifiés, présentés tels des journaux, qui nous permettent d’en apprendre davantage sur tout ce qui concerne l’Inde, ses religions, ses vaches et cobras sacrés, ses fakirs, … Nous apprenons, aussi, que « Tintin », très populaire en Inde, est traduit dans quatre langues parlées dans ce pays : l’assamesse, le bengali, l’hindi et le tamoul!
Outre de nombreux objets, de toutes dimensions, prêtés par « Mala India », de Waterloo, et le « Musée de Louvain-la-Neuve », comme le « Musée Hergé » couvre toute son oeuvre et pas seulement les aventures du « petit reporter », nous découvrons, aussi, des planches originales, en noir-et-blanc de « La Vallée des Cobras », avec « Jo, Zette et Jocko ».
Face à l’entrée du restaurant du musée, nous quittons cette exposition d' »Europalia India » sous le regard souriant d’une petite cinquantaine
d’Indiennes photographiées avec leur symbolique trace rouge sur le front, un « 3ème oeil », symbole de bonne conscience, le rouge étant signe de prospérité. L’une de ces Indiennes n’a cependant pas été photographiée, vu qu’elle fut dessinée par Hergé. Un dernier clin d’oeil du scénographe!
Prix d’entrée : 9€50, incluant la visite du « Musée Hergé » et son audio-guide. Pour plus de renseignements : http://www.museeherge.be.
… Et si vous lisez cet article durant ce week-end, si vous aimez découvrir d’autres crayonnés et de superbes miniatures indiennes, n’hésitez pas de découvrir, à proximité, jusque ce dimanche 19 janvier, à 18h.00, une autre intéressante exposition d' »Europalia India » : « Les quatre Vies du Maharadjah », à la « Fondation Folon », à La Hulpe. Pour plus de renseignements : http://www.fondationfolon.be.
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