« Outrages et Ravissements », aux Brigittines. #bruxelles #culture
Comme chaque année, désormais, Patrick Bonté, le directeur général et artistique des « Brigittines », nous fixe rendez-vous, pour terminer en beauté l’été, à son « Brigittines International Festival », fort, du 14 au 29 août 2015, de pas moins de 15 spectacles provenant, en co-productions, du Brésil, du Canada, des Etats-Unis et d’Israël, ainsi que pour l’Europe, d’Autriche, de France, d’Italie, des Pays-Bas, du Portugal, de Suisse et de Belgique, bien sûr, pour la plupart en premières nationales, avec pour thème, cette année: « Outrages & Ravissements », tout un programme! …
Justifiant son choix de thématique, Patrick Bonté écrit: « Aucune littérature, aucun spectacle ne dépassera jamais en offense ce que le réel nous impose avec ses brutalités et ses entraves oppressantes. Le moindre journal télévisé témoigne d’une violence qui rend les excès artistiques bien inoffensifs en comparaison. Du reste, en matière d’œuvres choquantes ou scandaleuses, tout n’a-t-il pas été dit et fait »?
… Et Karine Lalieux, Echevine de la Culture de la Ville de Bruxelles, de poursuivre: « Malgré les difficultés de la conjoncture actuelle, les « Brigittines » défendent la création envers et contre tout, cherchant de plus en plus à développer leurs activités. Je suis heureuse de pouvoir encourager cette dynamique qui répond à une volonté de la Ville de Bruxelles de soutenir les démarches innovantes, constructives et créatives ».
Mais qui mieux que Patrick Bonté pour nous présenter son Festival, qui, d’année en année, offre à la danse une importance de plus en plus grande, très certainement parce que les formes y sont plus libres et davantage créatives.
« Si, à tout instant de notre vie, nous pouvons être saisis par la beauté, il est des moments où le ravissement qu’elle nous inspire comporte aussi une part trouble, qui perturbe notre émotion. Ou plutôt qui la rend plus complexe, plus incertaine, plus riche. C’est alors que nous vacillons, pris dans des intensités qui semblent hors nature et qui laissent entrevoir un visage inconnu de l’existence. C’est par l’outrage asséné au banal, au confort des sens et de la raison, à la beauté elle-même lorsqu’elle n’aspire qu’à dormir dans des draps propres, que quelque chose tremble et vit. La scène peut se faire le témoin de ce mouvement et les artistes, les ambassadeurs de nos enchantements ».
A notre époque, « le concept d’outrage doit être reconsidéré, particulièrement dans le domaine des arts de la scène où le travail des formes opère comme un filtre donnant accès à des perceptions singulières. Ces formes, ces perceptions sont aujourd’hui en danger. Le monde de l’argent qui nous gouverne et qui ne connaît que la loi de la jouissance et du profit, simplifie, oblitère, asservit et ne peut reconnaître le caractère libre et émancipateur de la création. Or, il s’agit de refuser qu’on la tienne dans des limites convenues et de veiller à ce que l’art reste dangereux et ne perde pas son pouvoir de questionnement, de déstabilisation, d’ouverture des possibles. Là est l’outrage ».
« Si, dans ce mouvement que nous désirons suivre, certains actes venaient à être considérés comme déconcertant les manières ou la moralité, on remarquera qu’ils s’accompagnent toujours d’un appel à la connivence et à l’intelligence du spectateur. A son humour. Cette offense-là n’est jamais un préjudice, elle serait plutôt constitutive de ce que nous sommes : si nous la prenons dans la figure, elle nous révèle aussi à nous-mêmes. Le ravissement est à ce prix ».
Sont programmés:
- de Marlene Monteiro Freitas: « Paraiso-Coleccao privada » (80′);
- de Fiorentina Holzinger & Vincent Riebe: « Kein Applaus für Scheisse » (60′);
- de Annamirl van der Pluijm: « Le Fil de M. » (50′);
- de la « Compagnie Marinette Dozeville »: « MU#2-Vénus anatomique » (25′);
- de Nicola Mascia, Matan Zamir & Yasmeen Godder: « Under » (30′ + 45′);
- de Yasmine Hugonnet: « Le Rituel des fausses Fleurs » (15′);
- de Volmir Cordeiro: « Ciel » (30′);
- de Vera Mantero: « On peut dire de Pierre » (20′);
- du « Collectif Ès »: « Hippopotomonstrosesquippedaliophobie » (30′);
- de Liz Santoro & Pierre Godard: « Relative Collider » (50′);
- de Elizabete Francisca: « Tsunamism Recital for two Strings in M » (45′);
- de la « Compagnie Mossoux-Bonté »: « Vice Versa » (15′);
- de Catherine Gaudet: Je suis un Autre » (50′);
- de Christian UBL & « Cube Association »: « Shake it out » (60′).
Un seul spectacle (« Kein Applaus fü Scheisse », 17/08, à 20h.30) n’est programmé qu’une seule fois, les 14 autres bénéficiant de 2 représentations, certains d’entre eux, vu leur brièveté, étant réunis au sein d’une même soirée. Pour les détails de la programmation, consultez: http://www.brigittines.be, où vous pouvez découvrir la présentation détaillée de chaque spectacle et, pour l’un ou l’autre , une vidéo de quelques minutes.
Prix des places: 14€/12€ en prévente (10€/08€ en prévente: – 26 ans, demandeurs d’emploi, + 65 ans, professionnels des arts de la scène, détenteurs d’une cartes de riverain ou de la FNAC » / 5€: étudiants en arts de la scène & – 12 ans / 1€25: article 27 / pass pour 6 représentations ou pour l’ensemble du Festival disponibles, en prix pleins (63€, les 6, & 98€, la totale) et réduits (45€ & 70€).
Avant ou après chaque spectacle, « Bread & Bento » & « Les Brigitines » vous ouvrent leur sympathique restaurant, avec tables en terrasse, proposant, outre d’agréables cocktails, des plats différents chaque soir (salade, poisson, fruits de mer, « mixed grill », … respirant la Belgique, la France, l’Italie, le Liban, le Vietnam, …), au prix de 11€ l’assiette (au lieu de 12€50), sur présentation de votre billet d’entrée.
… Et pour terminer en beauté l’édition 2015 du « Brigittines International Festival », le 29 août, à 22h.30, chacun est gracieusement invité à une « party », avec un concert du groupe « Le Colisée » (www.facebook.com/LeColiseemusic), fondé par un Rwandais de 20 ans, David Nzeyimana, précédant une folle nuit dont vous serez vous-mêmes les acteurs, dansant aux rythmes variés d’un « DJ-set' » sélectionné par les « Brigittines ». Bons spectacles et joyeuse « party »!
Yves Calbert.



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