Emilio Lopez-Menchero, à la « Centrale ». #art #culture #brussels

A la « Centrale for Contemporary Art », jusqu’au 29 mars, découvrons une sélection de peintures, photographies, installations et vidéos réalisées par Emilio Lopez-Menchero (°Mol/1960/Bruxellois), « un artiste qui vit véritablement sa ville au quotidien. Ses interventions urbaines (telle « Pasionaria », le porte-voix géant de l’avenue de Stalingrad, près de la Gare du Midi, ndlr) témoignent de son engagement à pointer, non sans humour, les dérives de notre société et à proposer l’alternative d’un espace urbain fédérateur, porteur de sens. L’humain est bien au centre de son oeuvre, … dialogue citoyen, tel son incroyable « Checkpoint Charlie » (2010), qui démarquait le passage entre deux zones du canal, Dansaert et ses commerces branchés et le quartier populaire de la chaussée de Gand », comme l’écrit Karine Lalieux, Echevine de la Culture de Bruxelles.
Une section de cette 1ère exposition à caractère rétrospectif de l’artiste est, évidemment, consacrée à cette performance qui fut réalisée à la Porte de Flandre, mettant en scène deux personnes costumées en policiers militaires américains de l’époque), qui arrêtaient tous les véhicules, disant aux conducteurs: « Vous êtes à Berlin (sur la « Kochstrasse », ndlr). Ici, vous sortez du secteur américain et vous entrez dans le secteur soviétique!… Chacun, surpris, arrêtait son véhicule, provoquant un spectaculaire embouteillage! … Des photos exposées montrent que les dernières heures de cette performance furent mouvementées, un début d’incendie volontaire provoquant l’intervention des pompiers, un quidam s’enfuyant avec le drapeau soviétique et un autre jetant à l’eau le drapeau américain (photos également visibles sur www.emiliolopez-menchero.be, en cliquant sur « médias », puis « intervention urbaine » & « Checkpoint Charlie »)! …
Cette performance, ici, à Bruxelles, provoquait toute une série de réflexions sur les contrastes de Bruxelles et sur l’actualité politique belge: le canal es-il le mur de Bruxelles?, ce « Check Point » est-il en ambiance avec l’ambiance séparatiste du pays?, est-ce une frontière face à la gentrification? .
..2010-Checkpoint-Charlie-DSC_3774-f0c2f
Vers le fond de la salle principale, nous découvrons une installation constituée d’un nuage de coussins, un son d’étouffement sortant du centre de ce nuage, rappelant la mort (1998), à l’aéroport national, de Semira Adamo, étouffée par ses gardiens, à l’aide de coussins, à bord de l’avion censé la rapatrier.
Une photographie, « Torero Torpedo », témoigne d’une réelle performance (2007), à la fois artistique et physique: l’ascension, individuelle, en vélo (marchant parfois à côté de son vélo) du Col d’Aubisque (18, 4 km de montée, sans palier, pour atteindre le sommet, à 1709 m d’alt.), en habits de lumière de toréador, avec des cornes en guise de guidon! Impressionnant!
Une série de photographies en noir-et-blanc, intitulée « Trying to be Balzac » (2002), sur inspiration de sculptures d’Auguste Rodin (1840-1917), est accrochée à un mur, alors que d’autres oeuvres, parfois très colorées, s’intitulent « Trying to be … one American Indian, … Yasser Arrafat, … Carlos, … Che Guevara, … Marc Dutroux, … James Ensor, … Rasputin, … »!
2010-Trying-to-be-James-Ensor-192b5
… Dans tous les cas, comme l’écrit Carine Fol, Directrice artistique de la « Centrale for Contemporary Art »: « Tantôt caméléon, tantôt kamikaze, Lopez-Menchero n’a de cesse de se mettre en danger au sein du circuit de l’art et de se singulariser par une démarche sans concession. IL ose la désinvolture comme tactique pour prendre distance avec soi par l’expression artistique, à travers le mythe de l’artiste et du héros.Mais il prend surtout le système de l’art contemporain à contre-pied à l’aide de ses propres codes. Avec intelligence et subtilité, il souligne que le devoir de l’art est de rester critique face à la critique ambiante ».
… Dans tous les cas, comme l’écrit Carine Fol, Directrice artistique de la « Centrale for Contemporary Art »: « Tantôt caméléon, tantôt kamikaze, Lopez-Menchero n’a de cesse de se mettre en danger au sein du circuit de l’art et de se singulariser par une démarche sans concession. IL ose la désinvolture comme tactique pour prendre distance avec soi par l’expression artistique, à travers le mythe de l’artiste et du héros.Mais il prend surtout le système de l’art contemporain à contre-pied à l’aide de ses propres codes. Avec intelligence et subtilité, il souligne que le devoir de l’art est de rester critique face à la critique ambiante ».
Exposition ouverte du mercredi au dimanche, de 10h.30 à 18h. Prix d’entrée: 5€ (4€: seniors, étudiants + de 26 ans & membre d’un groupe de min. 10 pers.; 2€50: étudiants 28 à 26 ans inclus, enseignants & demandeurs d’emploi; 1€25: Art. 27 & carte « jeune »; 0€: – 18 ans & accompagnateurs de groupes). Sites: www.centrale-art.be & www.emiliolopez-menchero.be
Prochaine exposition: « Invitation au Voyage, 15 Ans de Prix Marcel Duchamps », du 23 avril au 30 août 2015.
Yves Calbert.

Laisser un commentaire