ECHOS DU DEBARQUEMENT. OPERATION « NEPTUNE »
Présidée par le Général Van Caelenberge, Chef de la Défense, une matinée académique s’est déroulée, à l’ « Ecole Royale Militaire », ce 07 juin, en l’honneur des vétérans ayant participé au débarquement en Normandie, le 06 juin 1944. Peu nombreux, vu leur âge avancé, les vétérans présents reçurent, en fin de séance, un diplôme des mains du Général, des membres des familles de militaires décédés au combat étant également présents.
A cette occasion, Mr. Dominique Henrard nous rappelant le débarquement de 132000 hommes et de milliers de véhicules, mais aussi la perte de plus de 3000 GI’s sur « Omaha Beach », nous entretint plus particulièrement de l’opération « Neptune », avec ses 5015 navires mobilisés, 1633 autres navires assurant l’appui feu, à courte et longue distance. Soucieux de détendre l’atmosphère en ce jour de commémoration, il relate quelques anecdotes :
– Concernant l’équipage du caboteur « Julia », chargé de 500 tonnes de munitions et 100 tonnes de munitions : « A Saint-Laurent-sur-Mer, près d’un canon de 88 m/m, se trouvent les restes d’un petit mur de ferme, avec un rosier ayant de belles roses rouges. Avec précaution, le 1er officier Robert Van Damme ceuille une rose et la place dans son « Battle Dress ». Cette rose sera la première « Rose de France » à franchir la Manche, pour être offerte à sa fiancée. Depuis ce jour et chaque année, le 06 juin, il offrit des roses à sa fiancée, en souvenir de la plus grande bataille de l’histoire maritime. La « Rose de Normandie » existe toujours. Elle est encadrée, sous verre, et se trouve, maintenant, dans les collections du « War Museum ».
– Le Lieutenant-Colonel Georges Timmermans, 1er Commodore de la Force Navale, commandant alors la 202ème flottille de péniches de débarquement, se dirigeant vers Saint-Aubain-sur-Mer, relata dans la revue maritime « Neptunus » : « Au cinquième échouage, la nuit étant tombée, je restai sur la plage, pour permettre la réparation de mes propres avaries. Je profitai de ces quelques heures de répit pour allevoir, avec mon second, un britannique, ce qui se passait derrière les dunes. Poussant plus loin, je pénétrai dans Courceulles, faisant connaissance de l’épicier du village, fort surpris de s’entendre interpeller en français. Pour quelques francs, j’acquis une bouteille de Bourgogne et un superbe camembert, à la grande surprise de mon second : Voulez-vous dire, Sir, que cela se mange. (Et moi de lui répondre 🙂 Et comment, mon garçon. Vous autres, les Anglais, vous ne savez pas ce qui est bon ».
Mais, fort malheureusement, le débarquement ne fut pas qu’anectodes savoureuses. Ainsi, ce 1er Commodore perdit six navires sur huit, pouvant néanmoins, fort heureusement, débarquer 12000 hommes, en cinq va-et-vient, et évacuer 300 blessés. Pour cette action – lui qui eut l’honneur d’escorter le Général De Gaulle jusqu’à Graye-sur-Mer, lieu du premier discours prononcé sur le sol français libéré -, il reçu la « Légion d’Honneur » française, la « Legion Merit » américaine et la « Distinguished Service Cross » britannique. Par aileurs, vos pouvez découvrir l’un de ses uniformes de « Commander » dans la « halle Bordiau ».
A noter que dans cette même « halle Bordiau », le « Musée de l’Armée » ouvrira, en 2016, une exposition permanente rénovée consacrée à la guerre ’40-’45 et au débarquement de Normandie.
Monsieur Dominique Henrard tint, également, à souligner les 24 traversées du paquebot « Léopoldville », ayant transporté, au total, pas moins que 53217 soldats, entre le 07 juin et le 24 décembre 1944. Fatalité de la guerre, en cette veille de Noël ’44, il fut torpillé, entre Southampton et Cherbourg, faisant plus de 800 victimes parmi les 2235 soldats américains se trouvant à bord. Gisant par 60 m de fond, à 10 km de la Côte française, son épave est, depuis lors, reconnue comme cimetière militaire américain, en Normandie.
Terminant son exposé, le conférencier souligna le rôle joué par le Lieutenant-Colonel Hugo Van Kuyck qui, engagé par l’armée américaine, dès 1942, fut chargé par le Général Bradley d’établir, sur base de photos aériennes des plages du Cotentin, d’établir un relevé cartographique minutieux de la côte normande, dont l’utilisation fut fondamentale pour assurer le succès de l’opération « Neptune ».
Yves Calbert.

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